"Il faut bien reconnaître que l'Immaculée Conception ne dit pas grand chose aujourd'hui à beaucoup de monde et même à la plupart des chrétiens.

Les définitions dogmatiques n'impressionnent plus guère et avouons qu'un titre aussi compliqué et abstrait n'est pas de nature à susciter une grande ferveur.

La petite Bernadette elle-même était toute décontenancée quand la belle Dame de la grotte lui dit son nom. Cette déclaration fit un grand effet sur le curé, l'Abbé Peyramale, mais ne soutint sans doute pas beaucoup Bernadette dans sa dévotion. Et les foules qui filent à Lourdes, préfèrent dire tout simplement, après l'ange Gabriel : "Je vous salue Marie, pleine de grâce", ce qui veut dire d'ailleurs exactement la même chose.

 

 

S'il ne me semble pas trop grave qu'on ne sache plus aujourd'hui ce que veut dire "l'immaculée conception" de la Vierge Marie, que l'on confond souvent avec la conception virginale de Jésus par Marie, je regrette, en revanche, qu'on ne savoure plus assez ce beau mot de "grâce" qui dit l'amour, gracieux, entièrement gratuit de Dieu. Marie n'est si belle, si pure, si exceptionnellement sainte que par un effet tout particulier de la faveur du Seigneur : "Tu as trouvé grâce auprès de Dieu" affirme l'Ange, envoyé pour le lui dire.

Pourquoi, elle, plus qu'une autre ? Parce que la grâce est toujours en relation avec une mission. Or la mission de Marie était exceptionnelle puisqu'elle était appelée à être la Mère du Sauveur : "Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus" et ce nom de Jésus, précise l'Evangile de St Matthieu, signifie "Le Seigneur sauve". C'est en prévision de cette mission, nous expliquent les théologiens, que Marie "dès le premier instant de sa conception" a été exceptionnellement préservée de tout péché. Elle bénéficiait déjà, par avance, du salut que son Fils allait apporter au monde, lui qui allait nous assurer tous, par delà nos défaillances, hélas inévitables, de l'amour fidèle et régénérateur de Dieu. Cette mission de Marie, et cette prévenance de Dieu à son égard fondent l'admiration et la confiance que l'Eglise entière éprouve envers la Sainte Vierge.

 

 

Mais ce qui est vrai de tous les chrétiens l'est plus encore, chères sœurs, de votre Con-grégation puisque M. Homery a voulu que les premières sœurs de Créhen portent le nom de "Filles du Cœur Immaculé de Marie". Grâce au Père Colléter, j'ai pu en effet parcourir une biographie de Guy Homery et votre "Règle de Vie". J'ai bien sûr été im-pressionné par le zèle, le courage et le tempérament de votre fondateur, face aux diffi-cultés de tous ordres qu'il a dû surmonter. Mais aussi par la générosité des jeunes filles des environs qui se sont lancées avec lui dans l'aventure pour le service des enfants pauvres et des malades. Leur abandon à la Providence s'inspirait évidemment de la disponibilité de la Vierge Marie à la bouleversante proposition de l'Ange, et de son absolue confiance dans la force de l'Esprit Saint pour qui rien n'est impossible.

 

Au fil de votre Règle de vie, j'ai retrouvé cette même disponibilité de cœur, en référence constante à Jésus et Marie, en vue d'une mission de service. Dès le début on peut lire : "Jésus, serviteur du Père et des hommes, réalise l'unité de notre vie consacrée. Et Marie, notre Mère, nous apprend à donner notre vie, avec son Fils, pour le salut de la multitude". Et plus loin, il est question de "disponibilité totale à l'Esprit… pour mieux vivre la mission commune".

 

A propos du célibat, vous dites : "Dieu nous a créés pour aimer ; et son amour en nous a été assez fort pour qu'il devienne le Tout de notre vie. A cause de Lui, nous nous donnons dans un même amour au Père et à nos frères, en vue du Royaume"… Et vous ajoutez : "Vivre cet amour au cœur du monde, c'est vivre à l'exemple de la Vierge Marie".

 

Quand vous parlez de la prière, vous rejoignez encore l'attitude de Marie : "L'Esprit… nous fait crier vers le Père avec un cœur de pauvre. Il nous remet entre ses mains dans l'abandon, l'humilité, la confiance tenace et persévérance du Serviteur". Et plus loin : "Marie nous apprend à prier. Sans comprendre, tout d'abord, le mystère où elle était introduite, elle a gardé ces choses dans son cœur pour les méditer longuement. Plus que d'avoir accueilli dans sa chair la Parole de Dieu, sa béatitude a été de l'accueillir dans sa vie et de la mettre en pratique…"

 

C'est ainsi que l'Esprit et Marie ont partie liée, dans l'Evangile, dans votre Règle, comme dans la vie de tout chrétien. "L'Esprit Saint viendra sur toi", avait précisé l'Ange, et la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre. Car rien n'est impos-sible à Dieu."

 

Il s'agit bien, en effet pour nous tous, chrétiens de toutes conditions, de se laisser envahir par l'Esprit qui sanctifie. Comme Marie, et toutes proportions gardées évidemment, nous avons à mettre Dieu au monde d'aujourd'hui.

 

Le temps de l'Avent, dans lequel nous sommes engagés, nous fait mieux prendre cons-cience que tout n'est pas fini avec la crèche de Bethléem, ni même avec le Golgotha et le tombeau vide : Le Christ est venu, il continue de venir, mais il n'est toujours pas universellement reçu. Donner à notre monde figure de Royaume de Dieu est une œuvre sans cesse à reprendre.

 

 

 

 

Et à reprendre d'abord en nous. "Voici la servante du Seigneur ; que tout se fasse pour moi selon ta parole". C'est l'attitude fondamentale de la prière : non pas dire des choses à Dieu, mais le laisser nous parler au cœur, pour que sa Parole prenne chair en nous, c'est-à-dire se traduise dans un comportement qui soit signe du monde à venir.

 

Pour cette mise à la disposition du Seigneur, nous ne saurions trouver meilleurs exemple et soutien que Marie.

AMEN"

 

 

 

Homélie du Père Sauvé à CREHEN le 9 décembre 2013.

 

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