MERE MARIE JOSEPH (1800-1872)

Mère Marie Joseph (Joséphine Lossois)

Vingt deux religieuses à la "Providence" du ciel, cent trente réparties entre la "Providence" de Créhen et ses 28 filiales, tel est l'état de la Congrégation de la Divine Providence de Créhen à la mort du fondateur, l'abbé Guy Homery, en 1861.

Mère Marie Joseph est supérieure générale depuis déjà 19 ans. Sa tombe se trouve à côté de celle du Père Homery dans l'oratoire du cimetière de la Maison Mère.

Mais qui est Mère Marie Joseph ?


 

Sans famille

L'abbé Homery fait sa connaissance en 1818 lorsqu'il est nommé recteur de Créhen. Joséphine Lossois a 18 ans. Son père : un inconnu. Sa mère : une pauvre fileuse de laine, sans ressources.

La gamine avait à peine 12 ans quand elle a commencé à s'embaucher dans l'une ou l'autre ferme, là où elle trouvait du travail : récolte des pommes, garde des bestiaux, arrachage des betteraves. Et aussi, bien entendu, travail de la laine. Partout, elle se révélait vite une servante de confiance, courageuse et honnête.

Sa mère lui avait appris le catéchisme et à prier la Sainte Vierge. Quand elle allait garder les vaches avec une des filles de la ferme des Salles, qui était de son âge, elle avait soin d'abord de l'aider à apprendre et à réciter son catéchisme. Ensuite elle l'entraînait dans un petit oratoire de branchages qu'elle avait confectionné dans un coin écarté. Et là, elle lui apprenait à parler à Dieu, ou bien à se tenir silencieuse en sa présence et à L'écouter.

 

A la recherche de sa vocation

Le grand amour de Joséphine pour Jésus la conduit à la messe et à la confession fréquentes. Elle ne tarde pas à faire part au recteur de Créhen de son grand désir : entrer à la Trappe.

L'abbé Homery n'est pas étonné de son projet, mais l'accueille avec réserve et veut le mettre à l'épreuve en faisant valoir divers obstacles. Sait-elle de quoi elle parle ? Est-ce bien sa vocation ? Aura-elle la santé suffisante ? …

Le seul désir de Joséphine, c'est faire la volonté de Dieu. Elle attend…

Quatre années passent…

Printemps 1822 : l'abbé Homery informe la jeune fille qu'il vient de louer le cabaret du père Thoreux à Créhen pour y accueillir des petites filles pauvres. Il a besoin de collaboratrices qui l'aident dans son projet : instruire ces petites filles et leur apprendre un métier manuel qui leur permette de gagner honnêtement leur vie.

Le recteur a pensé à Marie Saiget de Languenan pour faire l'école aux fillettes et à Joséphine pour leur apprendre un métier manuel.

Joséphine objecte qu'elle est bien pauvre, mais le Père Homery ne cherche pas des personnes riches, il ne cherche que des personnes pieuses et pleines de confiance en la divine Providence. Joséphine accepte et, dès le mois d'avril, Marie Saiget et elle se retrouvent au presbytère pour recevoir des notions de calcul et d'orthographe, et pour confectionner le trousseau des orphelines.

 

Mère des pauvres

Le dimanche 20 octobre 1822, c'est l'inauguration de la "Maison de Providence", où sont accueillies les dix fillettes choisies par l'abbé Homery parmi les plus pauvres de la paroisse. Il présente à la foule ses cinq collaboratrices sous les noms de "Servantes de Jésus Christ" et "Mères des pauvres".

Chacune se voit confier une responsabilité : ménage, cuisine, enseignement, visite des pauvres et des malades, travail à l'atelier des orphelines. Joséphine est directrice de cet atelier. Elle réserve aussi deux heures par jour pour apprendre à lire à ses petites ouvrières, leur expliquer le catéchisme, les initier à la prière, les préparer à la première communion. C'est une joie pour elle de leur parler de Jésus.

Le projet de fonder un institut religieux reste présent dans la pensée et le cœur de l'abbé Homery. Les difficultés ne le découragent pas… Ayant sollicité de l'évêque de St Brieuc l'approbation de son projet, il obtient une réponse positive le 26 avril 1826.

Le 8 septembre 1827, Joséphine Lossois et deux de ses compagnes prennent l'habit et font profession dans le nouvel institut placé "sous la protection de la divine Providence", d'où il tirera son nom officiel. Mais le Père Homery le veut "en l'honneur du Cœur Immaculé de Marie", dans la lignée de St Ignace de Loyola et de St Vincent de Paul.

 

Collaboratrice

Le Père Homery nomme Sr Marie Thérèse (Marie Saiget) supérieure de la "Providence". Sr Marie Joseph (Joséphine Lossois) a beaucoup de maturité, de bon sens humain et surnaturel, une bonté et un don de contact remarquables. Mais vu sa situation familiale, il est imprudent de songer à en faire la représentante légale d'une Congrégation encore si fragile et tournée en dérision par les "notables" du pays.

Si effacé que soit son rôle pour le moment, Sr Marie Joseph est cependant pour le Père une collaboratrice précieuse, d'autant plus que Mère Marie Thérèse est assez absorbée par son travail d'institutrice.

Entre 1831 et 1833, Sr Marie Joseph est envoyée deux fois à Dinan, d'abord avec Sr Marie Thérèse à l'Hospice tenu par les Sœurs de la Sagesse pour apprendre à donner des soins aux malades, puis avec une autre sœur pour préparer le brevet d'enseignement. Elles obtiennent toutes deux leur diplôme en 1833.

Sr Marie Joseph est alors élue supérieure. Durant son mandat de 3 ans, elle doit, avec le Fondateur, vivre l'épreuve d'un procès injuste intenté à la Congrégation. Elle a aussi la joie de présider au premier essor de l'institut : profession de six ou sept nouvelles religieuses, fondation de Bréhand.

De 1836 à 1841, elle cumule avec sa fonction de conseillère celle d'enseignante à Plancoët.

En janvier 1842, elle est de nouveau élue supérieure. Le mandat de supérieure générale lui sera renouvelé dix fois de suite, c'est-à-dire pendant trente ans jusqu'à sa mort.

Durant les supériorats précédents, l'administration de l'institut incom- bait, de fait, au Père Homery.

A partir de 1842, le Fondateur ne conserve plus que la gestion des affaires importantes. Mère Marie Joseph a l'envergure nécessaire pour assumer le reste. Sa responsabilité est plus directement engagée à l'égard des sœurs enseignantes et soignantes.

Lorsque Mère Marie Joseph a terminé sa correspondance ou ses entretiens, elle est heureuse de retrouver ses anciennes occupations et de se joindre à ses Filles pour filer, tisser, coudre… Adroitement, elle passe d'un emploi à l'autre, ce qui lui permet de sentir le climat de la maison, de partager les joies, de comprendre les difficultés, de stimuler partout la bonne humeur et la générosité…

Avec cela, elle trouve encore le moyen de faire large part à l'adoration

du Saint Sacrement.

Dans la conférence spirituelle qu'elle donne à la communauté tous les mois, elle s'attarde sur la bonté du Père des Cieux, sur la "miséricor- dieuse tendresse du Cœur de Jésus", sa Passion, son Eucharistie…

Disponible à tous : religieuses, orphelines, ouvriers, retraitants, visiteurs divers…, elle donne à la "Providence" la réputation d'une maison particulièrement hospitalière, ouverte, accueillante.

Même lorsque les retraitants affluent par centaines, Mère Marie Joseph ne se laisse pas déborder, attentive à ce que personne, et surtout les plus humbles, ne manquent de ce qui peut leur être nécessaire ou agréable. 

 

Un héritage difficile

14 décembre 1861, Guy Homery entre dans l'éternité. 26 décembre, le diocèse de Saint Brieuc perd son évêque, Mgr Martial, grand ami de la "Providence" de Créhen. Rudes séparations pour Mère Marie Joseph.

Dès les premières semaines de 1862, les difficultés surgissent. Certains des héritiers de Guy Homery nourrissent l'espoir d'avoir des droits sur les bâtiments de la "Providence", ou tout au moins sur une somme équivalente. Sans tarder, Mère Marie Joseph se rend chez le notaire de Ploubalay. Celui-ci constate qu'à sa mort Guy Homery n'était plus propriétaire d'aucune part de la maison.

La supérieure générale doit affronter une autre difficulté. Durant sa vie, le Père Homery avait cumulé les fonctions d'aumônier et de supérieur ecclésiastique de la Congrégation. Le nouvel évêque de Saint Brieuc, Mgr David, dissocie les deux fonctions : il choisit comme supérieur ecclésiastique son vicaire général, Monsieur Ollivier, et désigne comme aumônier l'abbé Josselin, précédemment vicaire à Pléboulle.

Ce dernier est accueilli avec joie à la "Providence" : les sœurs le con- naissent déjà, de plus il est parent du Père Homery. Mais Monsieur Josselin ne tarde pas à agir en véritable supérieur. Mère Marie Joseph réagit, soutenue par ses Filles et la plupart des prêtres de la région. Le conflit se durcit et, pour comble de souffrance pour la supérieure générale, la maîtresse des novices finit par se ranger du côté de l'aumônier. Le désaccord devient public. La communauté se divise en deux clans.

Averti de la situation, Mgr David dénoue la crise en nommant l'abbé Josselin recteur de Landébia et en appelant à Créhen un prêtre qui connaît la vie religieuse : l'abbé Thomas. La paix revient à la "Providence".

 

Audace ou témérité ?

Les tensions internes n'empêchent pas la Congrégation de se dévelop- per. Les demandes de fondations pleuvent sur le bureau de Mère Marie Joseph. Visites de recteurs, de maires, etc… se succèdent. Tous réclament des sœurs de Créhen, des écoles chrétiennes… En deux ans, 13 maisons sont ouvertes.

Mère Marie Joseph ne peut résister aux prières qui lui sont faites. Elle est désarmée lorsqu'un prêtre lui énumère les besoins pressants de sa paroisse. Elle cède presque toujours, même quand la maison qu'on lui offre n'a guère de ressources assurées et que la Congrégation doit prendre à sa charge les frais de construction de l'école et l'entretien des sœurs. " Ne craignons point, mes enfants", répète-t-elle, "le passé nous répond de l'avenir. Dieu, qui a si bien commencé l'œuvre, la continuera."

Mais le zèle et la confiance n'excluent pas la prudence… Le nombre de sœurs n'a pas suivi la progression des fondations. On ne peut s'en tirer qu'en restreignant au minimum le personnel de chacune des maisons, ou même en le complétant par des novices… Certaines conseillères expriment leur réticence…

Un jour viendra où Mère Marie Joseph regrettera d'avoir cru pouvoir avancer la profession et l'envoi de jeunes sœurs insuffisamment éprouvées, ou d'avoir accepté, pour l'une ou l'autre communauté, des conditions matérielles insuffisantes.

Répondre aux appels est une joie pour la supérieure générale. C'est aussi surmonter des obstacles. Les sœurs savent bien que ce n'est pas une vie de facilité qui les attend. Avant d'entrer dans leur nouvelle maison, elles s'agenouillent sur le seuil et baisent le crucifix que leur présente le prêtre : geste hérité du Fondateur et destiné à rappeler le sens de leur apostolat, particulièrement l'éducation de la jeunesse "qui se renouvelle tous les jours et dont on est quelquefois longtemps sans en voir le fruit" ; "mission de salut", qui appelle à "marcher sur les traces de Jésus Christ dans la voie de l'abnégation et du sacrifice". 

 

Travaux indispensables à la Maison Mère

Les fondations se multiplient.

Mais, à la Maison Mère, des travaux sont indispensables : d'une part, certaines dépendances sont mal placées, d'autre part, les sœurs manquent d'espace, surtout les novices tassées dans un étroit réduit.

 

Mère Marie Joseph achète un terrain situé au Nord Ouest de la Maison. Elle y fait construire une porcherie neuve, une écurie et autres dépendances.

Pour améliorer les conditions de vie des sœurs, il faut d'abord abattre un appentis construit par le Fondateur. Deux plans successifs sont présentés à Mgr David. L'évêque refuse de donner son accord parce que, pour une Maison Mère, il faut voir plus large et plus loin et, si nécessaire, faire un emprunt. Mère Marie Joseph reste inflexible : elle ne contractera pas de dette pour des travaux qu'elle estime exagérés.

Elle accepte seulement de s'adresser au prêtre architecte du diocèse, qui prépare un nouveau projet réalisable en deux tranches. Ce plan obtient l'accord de Mgr David. Mère Marie Joseph refuse cependant d'exécuter le clocheton superflu qui devait surmonter le frontispice.

On commence la première tranche. La première pierre est placée le 19 mai 1868. Le 11 octobre 1869, Mgr David vient bénir la nouvelle maison.

Entre temps, l'abbé Thomas est nommé à Saint Brieuc. L'abbé Exbource lui succède à la communauté. Celui-ci y reste plus de 40 ans. En plus de son ministère d'aumônier, il s'assigne la tâche de chroniqueur de la Congrégation. Il note le souvenir de ses relations avec Guy Homery, recueille le témoignage des premières sœurs… Il sera le premier biographe de Mère Marie Joseph.

 

Le problème des brevets

Sur les 53 écoles confiées à la Congrégation en 1867, trois seulement sont dirigées par une religieuse brevetée. Depuis 1833, année où Mère Marie Joseph passa le brevet, ni le Fondateur, ni la supérieure générale n'ont présenté d'autres sœurs à ce diplôme. La lettre d'obédience est toujours, en effet, un titre suffisant et le restera jusqu'en 1881.

Légalement inutile, le brevet semble à Mère Marie Joseph un simple "panache". La maîtresse des novices, qui est en même temps conseillère et secrétaire, n'est pas de son avis et pense que le diplôme officiel donnerait aux sœurs enseignantes plus d'autorité.

La lettre d'obédience commence à être attaquée par certains sénateurs qui la qualifient de "brevet d'ignorance"… Quand, au début de 1868, le niveau des programmes scolaires se trouve relevé et que certains maires deviennent plus exigeants, les scrupules de Mère Marie Joseph s'évanouissent, et elle envoie deux sœurs préparer leur examen chez les Sœurs de Saint Joseph à Avranches. Progressivement, toutes les sœurs enseignantes vont ensuite préparer le brevet. 

 

Jours de guerre

Juillet 1870 : la France déclare la guerre à la Prusse. Les mauvaises nouvelles se succèdent… Les Prussiens arrivent à Laval. Seront-ils bientôt en Bretagne ?

Les paysans vendent grain et bêtes ne se réservant que le strict nécessaire, des bandes de malfaiteurs rôdent dans les campagnes ; les sœurs s'affolent. Mère Marie Joseph fait appel à un brave homme du bourg qui, pendant deux mois, viendra passer la nuit à la communauté, avec un fusil chargé près de son lit. Les garde-mobiles de Créhen viennent de temps en temps faire l'exercice dans les cours de la "Providence", en protestant de leur dévouement à la maison en cas de besoin. Chaque fois, Mère Marie Joseph leur fait servir une bonne collation.

Après la signature de la paix en février 1871, la misère née de la guerre et d'un hiver rude amène encore à la porte de la communauté des vagabonds et "une foule considérable de mendiants". Mère Marie Joseph leur fait distribuer de larges aumônes.

 

Mort de Mère Marie Joseph

A la suite d'une opération, la santé de Mère Marie Joseph est restée délicate. Toujours glacée, elle mange peu et dort peu. En raison de douleurs rhumatismales, les voyages lui sont particulièrement pénibles. Elle reste fidèle cependant à visiter régulièrement tous les établisse- ments de la Congrégation, semant la paix et la joie sur son passage.

Au début de 1872, la maladie de cœur dont elle est atteinte depuis plusieurs années fait de rapides progrès. L'enflure des jambes gagne tout le corps. Elle s'alite le 19 avril.

Apprenant qu'elle a demandé les sacrements, plusieurs personnes amies accourent à son chevet, parmi lesquelles le maire de Créhen, Monsieur de Brégerac, fils de celui qui avait tant combattu la fondation de la "Providence". " Mère Marie Joseph", dit-il d'une voie émue, "veuillez bien, je vous prie, vous souvenir de nous devant Dieu".

Aux religieuses qui lui adressent la même supplication, elle renouvelle ses encouragements favoris. "Mes enfants, ne craignons pas ; le passé répond de l'avenir… Aimez bien Jésus Christ. Aimez-Le, faites-Le aimer, et rien ne vous manquera".

Le 28 avril elle entre dans le coma. Paisible, son agonie durera jusqu'au lendemain 29 avril.

Et la voici projetée dans la pleine Lumière du Cœur bon et humble qu'elle a tant désiré laisser filtrer à travers le sien.

Si l'administration de Mère Marie Joseph a pu, sur certains points, paraître timorée, elle compte à son actif 38 fondations. En 1872, la Congrégation compte 61 maisons et 280 membres, de nombreux brevets et point de dettes.

Mieux encore : poursuivie par le fantôme de la division, mais réélue dix fois à une écrasante majorité, Mère Marie Joseph a maintenu et affermi l'indispensable unité de sa famille religieuse.

Sagement prudente, sur le terrain des réformes de structures et de méthodes, elle lançait ses Filles à toute vapeur vers ce que le Pie XII a présenté plus tard aux Instituts religieux comme "la première et la plus nécessaire des réformes" : celle des cœurs.

 

"J'ai voulu imiter le Bon Dieu"

Mère Marie Joseph avait "un visage ouvert, un sourire gracieux". D'une simplicité charmante, qui n'excluait pas une grande dignité naturelle, "elle parlait tout bonnement comme elle pensait". "D'un abord accueillant, gaie, affable, elle avait des réparties fines et, volontiers, le mot pour rire". Elle terminait ses lettres à ses Filles par cette formule pittoresque : " Je suis avec amitié celle qui vous aime toutes et désire votre bonheur temporel et éternel".

Sa direction était basée sur l'amour de Dieu et la confiance.

Lorsqu'on lui reprochait d'être "trop bonne", elle répondait : "J'ai une singulière conscience : rarement elle m'accuse sur ce point. D'ailleurs, au tribunal de Dieu, ma réponse sera toute prête, je lui dirai : Mon Dieu, j'ai essayé de faire comme vous. Est-ce que tous vos discours, toutes vos actions ne nous prêchaient pas la miséricorde ? Est-ce que tout le monde ne vous appelle pas le bon Dieu ? …"

 

"Une passionnée de Jésus Christ"

Comme le Père Homery, Mère Marie Joseph passait devant le Tabernacle ses moindres instants de liberté. Aux heures critiques, c'était là toujours qu'elle allait chercher sa lumière et sa force.

Sur la fin de sa vie, il lui arriva plus d'une fois de prolonger involontaire- ment ses visites à la chapelle : elle s'y était endormie… Et, comme une de ses Filles, légèrement scandalisée, lui en avait fait la remarque, elle eut cette réponse que n'eût pas désavouée Thérèse de Lisieux : "Ma Fille, nulle part le petit chien n'est si bien qu'aux pieds de son Maître. Et s'il lui arrive de s'endormir, crois-tu qu'il perde ses bonnes grâces ? "

La Personne du Christ était le centre de sa vie intérieure. Son Cœur, sa Passion, son Eucharistie, elle revenait toujours là. "Elle ne pouvait dire deux mots sans parler de la miséricordieuse tendresse du Cœur de Jésus". Les sœurs gardèrent surtout le souvenir de ses conférences du vendredi sur les souffrances de Notre Seigneur.

"Notre Mère prêche mieux que beaucoup de prêtres ! ", disait avec enthousiasme la maîtresse des orphelines. Il lui arrivait même, les trois quarts du temps, de faire la méditation tout haut à la chapelle. "Mais Monsieur Josselin lui ayant dit que les femmes n'avaient pas le droit de prendre la parole dans les églises où était le Saint Sacrement, ce fut fini".

Que disait-elle dans ses exhortations à ses sœurs ? "Aimez-vous mu- tuellement, mes petites Filles ! Aimez bien Jésus Christ qui vous a tant aimées ! Faites-le aimer ! Oh, mes petites Filles, l'aimez-vous par-dessus tout ? Aimez-le, ayez confiance en sa Providence et rien ne vous manquera."

Cela peut paraître un peu simple. Mais l'apôtre Saint Jean disait-il autre chose ?

Bien que Mère Marie Joseph "n'ait pas été la première supérieure des Filles de la Divine Providence, son supériorat a été tellement fécond que l'on a osé inscrire sur sa tombe : "fondatrice" de la Congrégation".

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